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les débuts

En 1880, Jules Morel s’établit en tant que « finisseur de pince-nez » à son compte dans la ferme familiale, située sur les hauteurs des Rousses. Cette activité l’occupe durant les longs mois d’hiver. L’été, il redevient paysan-cultivateur à temps complet. Ce double travail est alors très fréquent dans le Haut-Jura. Contrairement à son père, Marius Morel ne se contentera pas d’être lunetier à mi-temps : sa passion pour le métier et son âme d’industriel le poussent à descendre à Morez afin de se consacrer pleinement à la fabrication de lunettes.

Marius Morel reprend alors le commerce de Bonnefoy-Dumont, ce qui lui permet d’acquérir du matériel et quelques employés déjà formés au métier : Morel franchit alors une grande étape, délaissant l’artisanat pour rentrer dans le monde industriel. En 1948, en cette époque d’après-guerre, les commandes sont peu nombreuses. Marius Morel revient d’une longue convalescence, il reprend sa place à la tête de l’entreprise.

exportation

En 1958, l’entreprise reçoit du Ministère des Finances français un « oscar de l’exportation » pour l’ensemble de ses activités commerciales. Pour Morel, l’exportation est une longue histoire : dès 1880, Jules Morel parcourait des kilomètres en train, direction la Suisse ou la Belgique pour livrer ses montures, n’hésitant pas à faire 40 km de vélo sous la neige pour rejoindre la gare la plus proche ! Dans les années 50, les exportations s’accélèrent. Morel se positionne sur de nouveaux marchés très demandeurs, à l’instar des États-Unis.

années 60' & 70'

Dans les années 60, Morel fabrique ses premières lunettes « petits fils », c’est-à-dire avec du fil doublé-or très fin. Plus fines, plus légères mais toujours aussi solides, ces montures connaissent un succès retentissant à travers le monde. Le modèle emblématique de cette collection est sans conteste la « Tydée ». Cette monture s’est vendue à un million d’exemplaires dans le monde, séduisant un public que Morel n’atteignait pas jusqu’alors : des artistes, des jeunes, des célébrités qui deviennent alors des ambassadeurs de la marque. Un succès tel que La « Tydée » sera au catalogue de la maison jusque dans les années 80.

Dans les années 70, le design fait son entrée dans le monde jusqu’alors très fonctionnel de la lunetterie : on passe de la lunette « prothèse médicale » à la lunette « accessoire de mode ». Morel embauche alors le designer Jacques Depussay en 1977 : une première puisqu’auparavant la création des lunettes était surtout assurée par Jacques Morel. Jacques Depussay participera à la création de nombreux modèles et permettra à la société de s’insérer sur de nouveaux segments de marché, comme les lunettes pour jeune femme ou les lunettes pour enfants.

années 90'

Dans les années 90, les enfants de Jacques – Jérôme, Francis et Amélie- reprennent la société familiale. Conquis par le travail du gagnant d’un concours de designers, Jonas Blanking, un designer suédois, Morel décide de collaborer avec lui et de lui donner carte blanche pour créer une nouvelle collection homme contemporaine et urbaine. Jonas accepte le challenge et imagine la marque Öga et son univers, inspirés de l’architecture scandinave. La marque fait une entrée remarquée dans le monde de la lunetterie, de par son positionnement haut-de-gamme et son univers atypique, très éloigné de ce qui se faisait à l’époque.

depuis 2000

En 2003, Morel dispose ainsi d’un bel éventail de marques, comprenant notamment Koali, Öga, Nomad, Lightec et Rebel. La marque Marius Morel 1880 viendra étoffer l’offre de la société quelques années plus tard. En 2008 et 2009, Morel reçoit le Silmo d’or catégorie monture optique, plus haute distinction dans le monde de la lunetterie.

L’histoire et la philosophie de Morel permet d’allier le vintage revisité avec une grande qualité de réalisation. C’est pour cela que les montures Morel sont fabriquées à Morbier dans le Jura français.